HISTORIQUE

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Historique de l'Association Orléanaise pour Jardins Ouvriers et Familiaux

 

LES ORIGINES

 

- En Europe, les origines en Angleterre et en Allemagne :

Les jardins ouvriers sont nés en Europe avec la révolution industrielle au XIXe siècle. Avec l'accroissement rapide de la classe ouvrière, le jardin est un remède à la misère du peuple. Il apporte aux ouvriers un complément de ressources. C'est aussi un loisir sain et un élément de structuration de la famille (doctrine « terrianiste »).

Apparus en Angleterre, vers 1819, sous le nom de "champs des pauvres", ils sont suivis vers 1830, en Allemagne par les " jardins des pauvres " (armengärten).

 

- En France, la Ligue du Coin de Terre :

Il faudra attendre 1850 pour voir les premières tentatives dans les Ardennes, où la Confédération de Saint-Vincent de Paul alloue des jardins aux plus déshérités.

En 1870, à Beauvais, naissent les bureaux de bienfaisance et en 1893, à Sedan, apparaissent les premiers jardins à l'initiative de "l'Oeuvre de Reconstruction de la Famille".

En 1896,l'abbé Jules Lemire, député du Nord, fonde la Ligue Française du Coin de Terre et du Foyer, dont le but est de mettre un coin de terre à disposition des ouvriers pour y cultiver les légumes nécessaires à la consommation de leur foyer. Cette œuvre à caractère social se développe rapidement.

Ami et collaborateur des « terrianistes » du Nord, l'abbé Lemire avait inséré la phrase suivante dans sa profession de foi datée du 10 août 1893 et publiée dans le Bulletin n°1 de la Ligue Française du Coin de Terre et du Foyer, « Ce que je veux…C'est que pour tout ouvrier la maison de famille et le jardinet qu'il a acquis par son travail soient insaisissables, exempts d'impôts et de frais de succession. »

Né le 23 avril 1853 à Vieux-Berquin, Jules Auguste LEMIRE, ordonné prêtre en 1872, est élu député de Hazebrouck en 1893 et sera réélu jusqu'en 1928 (année de sa mort à Hazebrouck).

 

- A Orléans, avant 1904 et la création de l'association .

Quatre groupes de jardins existaient sur Orléans.

Les jardins ouvriers de Saint Paterne créés en 1897 par Mme Pillet Pereira et qui comprenaient 21 lots de 200 à 400 m2 en 1903.

Les jardins ouvriers de Notre Dame de Recouvrance fondée le 19 avril 1897 par Mme Martenot et qui comprenaient 15 lots de 300 m2 environ.

Les jardins ouvriers de l'œuvre de la 1ère communion créés en 1898 par le chanoine Rivet et qui comprenaient 24 lots de 200 m2 environ.

Les jardins ouvriers de Saint Pierre créés par les membres de la Conférence de Saint Vincent de Paul et qui comprenaient 7 lots de 200 m2 environ.

Donc avant 1904, il y avait environ 67 jardins ouvriers sur Orléans.

A cette époque il était strictement interdit de travailler le dimanche et les jours fériés. Après 3 avertissements le règlement prévoyait le retrait du jardin pour e contrevenant.

L'engagement était signé par tous les jardiniers d'un groupe, sur une même feuille de papier timbré, pour assurer la solidarité entre tous.

Les terrains sont donnés gratuitement ou pour 10 F par an. Les légumes rapportant environ 50 F par an.

En 1901, création d'une société d'habitations ouvrières à bon marché, la « Société du Coin de Terre et du Foyer » par sympathie avec la ligue créée par l'Abbé Lemire.

En 1903, 7 constructions sont faites par cette société.

 

CREATION DE L'ASSOCIATION

 

En 1904, fondation de « l'Association Orléanaise pour jardins et immeubles ouvriers »par Messieurs Jules Berthier, ancien notaire, Pierre Mars, avoué (qui sera Président des jardins ouvriers de Blois de 1922 à 1953), et plusieurs propriétaires de terrains.

La Ligue fonde la Société des jardins ouvriers de Paris et banlieue.

Au cours de l'Assemblée Générale de 1905, on dénombre déjà 60 jardins, et en août, M. l'Abbé Lemire est en visite à Orléans pour la « Semaine Sociale ».

Participation d'une délégation de jardiniers au Congrès de Blois de la « Ligue du Coin de Terre et du Foyer »

En 1906, pour les 109 jardiniers, on organise à Pâques la réunion annuelle des jardiniers avec distribution d'œufs aux enfants.

Le 6 mai 1911, l'association adhère à la « Ligue du Coin de Terre et du Foyer » et compte 211 jardins.

On dénombre une croissance rapide des jardins en seulement 7 ans d'existence.

 

PRESIDENCE DU DOCTEUR DENIS

 

En 1912, le Docteur Denis, administrateur de la « Ruche Ouvrière » devient président de l'association.

L'année suivante est organisé un concours de jardins potagers par la Société d'Horticulture, l'association compte alors 12 groupes de jardins.

En janvier 1914, paraît le premier numéro du Bulletin des Jardins Ouvriers d'Orléans et à l'issue de la Grande Guerre, en 1919, l'association compte 350 associés entre les jardiniers et les bénévoles.

En 1920, nous atteignons les 300 jardins répartis en 20 groupes sur une surface de 6,5 ha.

En 1921, La « Ligue Française du Coin de Terre et du Foyer » devient également « Fédération des Jardins Ouvriers de France ».

En 1923, la cotisation est de 7 Francs par an pour un jardin de 300 m2 et tous les 2 ou 3 ans est organisé un concours du potager.

En 1926, Création de l'Office International des fédérations des jardins ouvriers (Angleterre, Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse, Hollande, puis Danemark, Finlande, Norvège et Suède).

En 1928, le chiffre de 450 jardins est atteint, la cotisation est alors de 14 à 20 F par an.

 

PRESIDENCE DE MAURICE BERGER

 

Le 31 mars 1934, décès du Docteur Denis qui est remplacé par Maurice Berger, élu orléanais du Parti Démocrate Populaire auquel appartenait son prédécesseur. Le Colonel Naquard est alors vice-président de « l'Oeuvre des Jardins Ouvriers ». Dans un discours, Maurice Berger évoque le chiffre de 600 jardins.

Un monument à la mémoire du Dr Denis est érigé en 1935 grâce à une souscription de 5000 Francs, son inauguration a lieu le 27 octobre en présence d'environ 500 jardiniers.

En 1936, une société de secours mutuel est instituée entre jardiniers. Elle prend le nom de « Franc au Décès », mais seuls 150 jardiniers adhèrent à cette « mutuelle ».

Au cours de l'assemblée des jardiniers de 1938, Monsieur Cuisance de la Société d'Horticulture du Loiret, professeur à l'école nationale d'horticulture de Versailles, prodigue ses conseils aux jardiniers lors d'une conférence, ainsi que dans le bulletin n° 6 de l'association.

Le décès de Maurice Berger ancien député du Loiret et Conseiller municipal d'Orléans en 1939, marque le début des années sombres.

 

PRESIDENCE DE MARCEL DELAHAIS

 

En 1940, on recense 445 jardins. La loi du 18 août 1940, oblige les villes ayant des terrains urbains non utilisés, à les céder, soit à des chefs de famille nombreuse, soit à des associations de jardins ouvriers. Des entreprises, des usines, la SNCF prêtent alors des terrains délaissés pour créer des jardins. 3 millions de jardins sont ainsi créés en France entre fin 1940 et début 1942.

On peut signaler que les gendarmeries ne sont pas en reste, il est fortement incité à la création de jardins dans chaque brigade, chaque logement se doit d'avoir un jardin et l'administration donne alors des consignes strictes pour que ces terrains soient bien cultivés. Leur bon entretien fait même partie du service.

La ville d'Orléans dans un courrier adressé à la Ligue le 16 octobre 1940, recense les terrains disponibles qui pourraient être mis à la disposition de l'association locale.

Le 15 décembre 1940, Marcel Delahais prend la présidence de l'association, 262 jardins sont créés et en 1941 nous atteignons les 707 jardins pour arriver en 1945 au chiffre de 794 jardins.

En 1946, ils se répartissent sur 27,54 ha de la façon suivante : 673 jardins et 117 jardins appartenant à la Compagnie d'Électricité, et 3205 personnes composent les familles qui sont concernées par les jardins ouvriers.

Lors de l'Assemblée Générale du 22 décembre un spectacle pour les enfants est joué et une chanson est même créée sur les jardins ouvriers d'Orléans.

En 1952, une loi relative aux jardins familiaux prévoie notamment l'exonération de l'impôt foncier. Cette appellation est officiellement adoptée par la fédération nationale qui devient : « Fédération Nationale des Jardins Familiaux ».

Après avoir atteint le maximum de 807 jardins en 1948, 731 en 1953, nous arrivons en 1954 qui marque le cinquantenaire de l'association. Organisé le dimanche 5 décembre, il débute par une messe, un vin d'honneur est servi le midi et un spectacle a lieu dans l'après-midi pour animer cette mémorable journée Les 620 jardiniers qui composent l'association sont invités à célébrer dignement cet événement.

Un concours de jardins potagers est organisé et les résultats sont publiés dans la presse locale. Le 1er prix est récompensé par 4000 Francs qui est une somme très conséquente à l'époque.

De 1945 à 1965, 39 groupes, représentant 512 jardins sont retirés à l'association par expropriation, l'inquiétude se fait sentir à l'Assemblée Générale de 1962 devant le nombre de terrains repris pour construire des logements.

Les noms de groupe aujourd'hui disparus : Guérineau ; Jacquard ; Pigeon Vert ; Petites Soeurs...sont évoqués. En 1964 la création de 57 jardins aux Montées est envisagée, ils sont créés en 1967.

Lors d'une étude faite en 1968, la moyenne d'âge des 379 jardiniers est de 41 ans.

La répartition est la suivante :

  • 50 ans et + : 28,85%

  • entre 41 et 50 ans : 19,54%

  • entre 31 et 40 ans : 36,53%

  • moins de 30 ans : 23,08%.

Ils proviennent des catégories sociaux professionnelles suivantes :

  • Ouvriers : 41,84%

  • Fonctionnaires/SNCF/PTT/police : 23,40%

  • Employés/commerçants : 11,70%

A l'Assemblée Générale du 14 décembre 1969, il est évoqué la fermeture des groupes Guérineau et Barrière St Marc, la réduction des terrains Cossonières et Dr Denis et la création du groupe Camille Desmoulins pour 1970.

En 1971, il est constaté la diminution de 574 jardins depuis 1945 soit 18,47 ha. Seuls 131 jardins ont été créés, le déficit atteint donc plus de 400 jardins.

Lors de l'Assemblée Générale de 1974 sont fêtés les 70 ans de l'association en présence de Monsieur Thinat président du SIVOM et de Monsieur Coullaud président de la SHOL.

En 1976, loi prévoyant la création et la protection des jardins familiaux, grâce notamment au droit de préemption des SAFER (Société d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural ) et des communes.

 

PRESIDENCE DE CLAUDE ROSSIGNOL

 

En 1976, Monsieur Claude Rossignol est nommé président.

Après avoir présidé aux destinées de l'association durant 36 ans, M. Marcel Delahais nous quitte le 16 juillet 1977.

En 1979 l'association gère 320 jardins de nombreux mouvements ont lieu entre les sites, 3 à jardins sont créés au groupe Marcel Delahais, mais 26 jardins sont supprimés aux Montées. Le groupe Camille Desmoulins est restructuré pour cause de création de la tangentielle (6 jardins supprimés et 8 créés). A Saint Jean de la Ruelle, 26 jardins sont supprimés lors de la création d'immeubles et un nouveau groupe « Dr Denis » est créé avec 40 jardins (28 en 1978, 6 en 1981 et 6 plus tard).

En 1980, l'association a 350 jardins sur 11,70 ha. Lors d'un discours, M. Bour, président de la FNJF, évoque la création de 2500 à 3000 jardins d'ici l'an 2000. En Allemagne est évoquée la création d'un jardin familial pour 6 logements construits.

En 1981 le groupe « Cossonnières est supprimé, 14 jardins sont concernés par la création d'un échangeur routier (Pont Thinat).

En 1984, un article de presse paru dans « Les Nouvelles d'Orléans » porte le titre « On a assassiné les jardins ouvriers », il évoque la suppression des jardins lors de la création de logements sociaux dans le quartier de l'Argonne-St Marc. L'association est sollicitée par la mairie de Saran pour la création de 30 jardins familiaux au sud-ouest de la ville près du bassin de délestage de la Chilesse.

A l'occasion du 80ème anniversaire de l'association, une extension du groupe Loire est demandée par le président aux élus.

En 1985, pour les 10 ans de présidence de M. Claude Rossignol, lors de l'assemblée du 12 décembre, il est constaté que l'association a augmenté de 20 jardins (374 contre 354). Fermeture du groupe Col Nacquart (4800 m2) lors de la création de la tangentielle).

En 1990, l'Office International acquiert un statut consultatif auprès du Conseil de l'Europe.

En 1993, l'association gère 400 jardins sur 15 sites.

La fermeture du « Clos des petites soeurs » qui comprend 20 jardins a lieu le 31 décembre 1994. Pour compenser celle-ci, il est prévu la création du groupe « Abbé Lemire » rue du Petit champ de l'écho à Orléans (28 jardins) Ce transfert a lieu en 1995.

Dans un " Inventaire national des Jardins ouvriers et familiaux ", réalisé en 1993 par la Fédération Nationale des Jardins Familiaux pour le compte de la Mission Paysage du Ministère de l'Environnement, on recense en France environ 150.000 parcelles de jardins familiaux. 120.000 parcelles sont alors gérées par 800 associations rattachées à la Fédération.

En 2004 a lieu le centenaire de l'association, mais aussi, la suppression des groupes Loire et Pierre Liger à Saint Jean le Blanc pour cause de pollution du terrain par des métaux lourds, pour compenser ces fermetures le groupe « Parc Floral » est créé en 2005.

En 2006 : La FNJF devient la « Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs » (FNJFC)

En 2007 : FNJFC, SNHF et Jardin du Cheminot créent le « Conseil National des Jardins Collectifs et Familiaux » (CNJCF)

En 2007, après 31 ans passés au service des jardins familiaux, M. Claude Rossignol passe le relais à votre serviteur. Une nouvelle page se tourne, et le souhait de tous les bénévoles de notre association est de voir augmenter le chiffre de 327 potagers, implantés sur 11 sites, aux alentours d'Orléans en 2009.

PRESIDENCE DE JEAN-CLAUDE FERAIL

En 2010 création d'un groupe de 16 jardins à Boigny sur Bionne par la municipalité .En fin d'année le nombre de jardins gérés par l'AOJOF se monte à 350 grâce aux créations et à la division de parcelles en jardins plus petits pour répondre à la demande grandissante.

En 2012 création de 27 parcelles à Orléans près du groupe « Abbé Lemire », de plus l'association se voit dotée d'un espace commun, d'un bureau de 30 m2 et d'un local technique de 15 m2 et création de 8 jardins supplémentaires à Boigny sur Bionne.

En projet : contacts avec les communes de La Chapelle St Mesmin ; Semoy ; Olivet ; St Cyr en Val ; St Pryvé St Mesmin... pour d'autres créations de jardins familiaux.

En 2014 ce sont 400 parcelles de potager réparties sur 12 sites et qui représentent une surface de 12 ha.

 

© Jean-Claude Férail